Le Programme d’alphabétisation et de formation
Burkina Faso
Le Programme d’alphabétisation et de formation du
Burkina Faso a commencé il y a 20 ans et est actuellement
mis en oeuvre dans 750 villages situés dans 7
provinces orientales du pays. Il vise à alphabétiser les
jeunes qui n’ont pas achevé leurs études primaires et
les adultes analphabètes ainsi qu’à leur donner une
formation technique.
«Je n’ai jamais eu l’occasion d’aller
à l’école. Je me suis inscrit pour
le Programme d’alphabétisation
et de formation parce que je
voulais apprendre un métier.
Maintenant, je suis tailleur et j’ai
ouvert ma propre boutique (…)
Je suis fier d’être indépendant.»
Mathieu Lompo Maldjoa, tailleur
Mathieu Lompo Maldjoa, tailleur
|
Le programme destiné aux jeunes offre un enseignement
extrascolaire dont l’horaire souple permet aux
élèves d’obtenir leur certificat d’études primaires et de
retourner à l’école s’ils le désirent. Le programme
réservé aux adultes prévoit une formation en matière
d’alphabétisation tout en offrant des cours d’agronomie,
d’amélioration génétique des animaux et d’artisanat.
Les élèves suivent
aussi des cours de
mathématiques, de
gestion économique,
d’hygiène et de
protection de l’environnement.
«Je n’ai jamais eu
l’occasion d’aller à
l’école. Je me suis
inscrit pour le
Programme d’alphabétisation
et de
formation parce que
je voulais apprendre un métier, a dit Mathieu Lompo
Maldjoa. Maintenant, je suis tailleur et j’ai ouvert ma
propre boutique. J’apporte une aide financière à ma
famille et je fais des vêtements pour ma mère et mes
soeurs. Je peux aussi payer les droits de scolarisation de
ma fiancée. Je suis fier d’être indépendant.»
On a fait des progrès importants quant à l’ouverture
du programme aux adolescentes et aux femmes. En
1986, 38 % des participants étaient de sexe féminin,
et ce pourcentage est passé à 53 % en 2005. Depuis
ses débuts, le programme a permis à 185.256 personnes
d’être alphabétisées, soit 42 % de la population
analphabète dans la zone cible. Les progrès sont
encore plus impressionnants vu les conditions exigées.
Pour être déclarée alphabétisée dans le cadre de ce
programme, toute personne doit pouvoir lire, écrire,
calculer et assumer le rôle de secrétaire ou de trésorier
d’une association locale.
Plusieurs aspects novateurs de ce programme sont
dignes d’attention. Premièrement, le programme laisse
aux groupes de participants le choix des heures et des
jours d’enseignement, ce qui le rend aussi commode
et aussi accessible que possible. Deuxièmement, grâce
au certificat d’équivalence qui est offert pour l’enseignement
primaire, les élèves qui n’ont pas terminé
leurs études pour une raison quelconque (par exemple,
à cause de la maladie de membres de leur famille) peuvent
continuer à suivre des cours et même retourner
à l’école, y compris dans un établissement d’enseignement
secondaire. Troisièmement, l’importance accordée
à l’enseignement de la langue locale a contribué à
augmenter le nombre d’élèves bilingues dans le pays.
L’une des associations financées par le programme,
Tin Tua (qui veut dire «développons-nous nousmêmes
») exige que les élèves apprennent à lire et à
écrire dans leur langue locale avant de suivre des cours
en français. Les élèves de cette association ont un taux
de réussite au certificat national d’études primaires
(94 %) plus élevé que la moyenne nationale (74 %).
|